Réincarnation

Dans le vocabulaire utilisé par les grands précurseurs du spiritisme, nous retrouvons fréquemment le terme de palingénèse, en particulier dans les écrits du docteur Gustave GElEY. Le vocable "palingénèse" vient du grec "palin" qui signifie "de nouveau, "genesis" et "naissance ".

Au sens spirite, ce terme est plus précis que celui de réincarnation, il indique l'idée d'évolution progressive
au rythme d'un psychisme agissant et de plus en plus conscient.

Ainsi la notion spirite de vies successives exclut toute idée de régression, ce qui élimine par-là
même toute idée de mélempsychose. L'âme n'est réincarné dans un corps qu'afin de progresser. Chaque nouvelle vie est une occasion de faire mieux. C'est la aussi toute la pensée d'Allan Kardec et des spirites (sans parler des nombreuses religions).

- 1 ère partie

Les lois naturelles

L'avènement de la philosophie spirite avec Allan Kardec apporte un éclairage nouveau à l'idée de réincarnation ; pour la première fois, ce sont les âmes des désincarnés, qui au 19ème siècle, enseignent une philosophie répondant à toutes les grandes questions métaphysiques.

Il ne s'agit plus d'une philosophie suggérée par un humain, il ne s'agit plus de suppositions métaphysiques ou religieuses, ce n'est plus l'intuition, ce n'est plus le raisonnement qui induit un concept. C'est l'énigme de la mort qui est levée à partir de la communication spirite.

Les morts parlent, ils déchirent pour nous le voile du mystère et les plus éclairés d'entre eux révèlent le sens véritable des existences.

L'idée de réincarnation est une donnée essentielle de la philosophie des esprits, sur laquelle repose la compréhension de la vie, de la mort et de l'éternité.

La cohérence de cette idée, qui peut être qualifiée sinon de rationnelle, tout au moins de raisonnable, repose sur la multiplicité des expériences et des observations.

Depuis que le spiritisme fut défini grâce à l'immense travail d'Allan Kardec, en tant que science et philosophie, tous les spirites du monde ont obtenu des résultats concordants depuis un siècle et demi, quels que soient les endroits où les esprits se sont manifestés.

Toute la cohérence du message spirite tient à cette similitude, en effet, les esprits révèlent des concepts identiques en différents lieux et à différentes périodes.

Concernant l'idée de réincarnation, les premières définitions rapportées dans le "Livre des Esprits" d'Allan Kardec, ont été confortées et confirmées au fil du temps, et aujourd'hui encore, la palingénèse redéfinie par l'au-delà est dans la ligne directe, dans la suite logique de ce qui fut défini sommairement au 19ème siècle.

Les messages d'aujourd'hui apportent des informations nouvelles qui précisent et complètent les révélations passées.

La mise en évidence du processus palingénésique répond à certaines lois naturelles.

Sachons, pour appréhender et comprendre ces lois, tout d'abord nous débarrasser des préjugés scientistes ancrés dans des mentalités rationalistes.

Les lois qualifiées de naturelles sont, en général, attribuées à tous les phénomènes physiques observables.

II nous faut, bien évidemment, dépasser cette notion matérialiste et poser un postulat de départ, indispensable a une approche différente, à savoir, que l'esprit est une force dynamique et organisatrice en interaction perpétuelle avec le monde sensible.

Ce postulat de base n'est pas une affirmation gratuite, car toutes les conséquences qui en découlent apportent, a posteriori, la vérification de cette affirmation selon laquelle, l'esprit transcende la matière. Le postulat de départ devient alors loi naturelle, par le simple fait que tout l'édifice spirite vient le confirmer par des faits observables, dans la notion de psychisme agissant ou "dynamo-psychisme".

Le psychisme humain a la propriété d'organiser, de réguler et d'animer la vie physique. II nous faut d'abord admettre les possibilités de l'esprit, pour ensuite mettre en évidence ces possibilités et ainsi faire la preuve de son existence.

Avant d'aborder les preuves de la réincarnation, posons la théorie. La théorie est le résultat des contacts multiples et répétés avec l'au-delà, il s'agit donc de données additionnées qui composent le principe spirite de palingénèse en tant que loi naturelle; la théorie enseignée par les esprits se trouve ensuite vérifiée à la lumière d'observations et d'expériences qui seront abordées dans le chapitre suivant (les preuves de la réincarnation).

- La pulsion créatrice

Tous les esprits ont une origine que nous nommerons Dieu, par facilité de langage, sachant qu'il nous est impossible d'appréhender la notion de divin, sachant aussi, que toute tentative de définition de Dieu est toujours réductrice à vouloir rendre intelligible un concept qui dépasse la compréhension humaine.

Toutefois, nous pouvons avancer quelques notions générales qui n'enferment pas Dieu dans des limites. Nous pouvons simplement dire, avec la pauvreté de notre langage, que Dieu est une force infinie, une force d'amour incommensurable, à l'origine de toute chose et de toute vie, donc une force créatrice qui est une pulsion vitale.

Cette pulsion vitale est la source créatrice à l'origine de chaque esprit individualisé. Chacun d'entre nous a connu un point de départ; ce point zéro correspond à la pulsion divine qui nous a créé simples et ignorants, esprits individualisés à l'état brut, à l'état le plus primitif qui soit.

A l'état originel, cet esprit nouvellement créé devient à lui seul une force vitale, qui par nature, par instinct, va éprouver la nécessité naturelle de s'incarner pour se développer dans un univers de matière.

- Les premières incarnations

L'esprit nouvellement créé se trouve attiré tout naturellement vers des sphères primitives de vie.

Parmi les innombrables planètes habitées, certaines connaissent une densité physique très lourde, là où vont s'incarner les esprits nouvellement créés.

Ces mondes nous furent quelquefois décrits par les esprits. Ces mondes sont lourds et primitifs dans leur nature, une nature peu élaborée et des corps physiques très primaires. Les corps physiques, dans les premiers stades, ont l'apparence de sphères blanchâtres, évoluant dans un milieu hostile.

La vie collective y est principalement source de méfiance, de haine, de violence, de processus instinctifs de survie et même de pulsions anthropophages.

Ces quelques éléments, révélés par les esprits, peuvent rebuter et nous paraître inacceptables. II n'y a pas lieu, pourtant, de s'indigner devant une nature originelle, à l'état brut, si l'on considère l'état de notre planète, sans doute beaucoup plus élaborée, mais combien déchirée dans des pulsions encore primitives et criminelles qui règnent l'ensemble de la collectivité humaine.

Peu à peu, d'une planète primaire à une planète un peu plus élaborée, l'esprit se réincarne à de nombreuses reprises pour se développer dans des formes humanoïdes.

Les premières incarnations sont essentiellement instinctives, et l'esprit va peu à peu prendre conscience de son individualité, c'est alors que vont naître les prémices d'une intelligence puis d'une sensibilité.

C'est d'ailleurs, la différence essentielle avec le monde animal qui suit une autre forme d'évolution palingénésique dans un processus différent, beaucoup plus lié au développement de facultés instinctives.

Le genre humanoïde ou humain développe assez rapidement les capacités réflexives du raisonnement contrairement au règne animal qui demeure plus proche de la nature dans des modes de vie où l'instinct est beaucoup plus affiné.

- La loi d'évolution

Si selon l'expression consacrée, les desseins de Dieu sont impénétrables, il nous est permis, cependant, non pas de supposer mais d'affirmer un sens à l'évolution humaine, un sens enseigné par les esprits, un sens qui trouve, là encore, toute une cohérence philosophique, confortée par l'expérience spirite.

A partir du point originel de la pulsion divine, tout esprit est soumis à la loi de palingénèse. les premières vies instinctives et primaires vont dégrossir l'individualité qui va progressivement éveiller sa compréhension, son intellect et son émotivité.

Le sens de l'évolution se dessine alors progressivement dans ce qu'Allan KARDEC définissait comme le progrès intellectuel et moral.

Ce progrès va s'accomplir en de multiples vies, nécessaires à l'épanouissement individuel. La planète Terre correspond à un de ces passages obligés dans le cycle de l'évolution.

Dans l'échelle de l'évolution, notre planète demeure un monde inférieur. Au regard de son histoire et de son actualité, la Terre est encore au stade des premiers balbutiements de l'évolution juste après les phases primitives précédemment évoquées.

Après un certain nombre de vies terrestres, chaque esprit est appelé à poursuivre son évolution sur des mondes plus avancés.

Le but de cette évolution, de vies en vies, de planètes en planètes, est l'élargissement de la conscience. L'apprentissage de la sagesse passe par la connaissance et par l'action.

La connaissance du milieu environnant, et l'action qui doit y être entreprise sont les moteurs de la prise de conscience dans la vie qui ne peut se concevoir que collectivement.

Les humains sont destinés à vivre les uns avec les autres, dans le sens de l'amour et du partage, du moins, tel est le sens d'un véritable progrès.

Quelle autre morale, d'ailleurs, pourrait être envisagée, sinon la loi d'amour qui fut enseignée par le Prophète chrétien ?

Aucune autre morale n'a donné satisfaction lorsque l'on considère tous les principes et préjugés issus des différentes sociétés, des principes étroits qui paralysent la réflexion et freinent les élans libérateurs.

Cependant, l'idée de réincarnation a été perpétuée dans une optique toute différente dans les religions d'Orient, perspective que nous retrouvons encore dans certaines théories appartenant à des sectes d'aujourd'hui.

L'idée principale est que chaque être humain doit, à lui seul, trouver sa voie et rechercher l'éveil de la conscience dans une méditation solitaire et dans une ascèse toute personnelle.

Le but est souvent de se mettre en communion avec la nature, ou mieux encore, avec Dieu. Les adeptes de ces traditions finissent toujours par redescendre de leur nuage pour constater que la quête d'une conscience totale ou "conscience cosmique" n'était qu'illusion.

II faut alors revenir au bon sens et accepter l'incarnation. Nous ne sommes pas réincarnés pour nous détacher de la vie dans une formule individualiste, sinon à quoi bon appartenir à la société humaine ?

Si le but est de se détacher de l'univers matériel qui nous environne et de tourner le dos aux humains, cela signifie donc que la nature n'a pas de sens. Alors, avec tous les humanistes passés et présents, nous dirons que si la vie semble ne pas avoir de sens, il faut lui en donner un.

C'est ce que certains philosophes humanistes ont fait, même lorsqu'ils étaient athées. Ils ont fait le pari de l'homme libéré, ils ont prôné le partage et la justice, ils ont revendiqué la liberté.

Eh bien, la morale spirite aussi se situe là et nulle part ailleurs. Pour les humanistes de tous horizons comme pour les spirites, la loi d'évolution est la loi de l'action au sein d'une collectivité humaine.

C'est la seule éthique qui réponde à la quête du bonheur qui est inscrite au plus profond de toutes les consciences.

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- Le point Omega

Humains réincarnés sur la planète Terre, nous sommes très loin du but ultime de l'évolution. Au delà du cycle terrestre, chacun sera appelé à vivre sur des mondes supérieurs pour poursuivre son cheminement évolutif.

Les planètes les plus évoluées sont des mondes très éthérés de moindre densité de matière où les vicissitude physiques que nous connaissons sont pratiquement inexistantes.

La dernière phase de l'évolution est une disparition progressive du périsprit. Le double périsprital d'une texture semi-matérielle va progressivement, au fil de l'évolution, devenir de plus en plus éthéré et ténu pour finalement disparaître au profit d'un esprit pur qui n'aura plus la nécessité de se réincarner.

A ce stade ultime, l'esprit comprend Dieu, il appréhende l'infini, il comprend la création, il vit du bonheur suprême. Cependant, l'esprit garde toujours son individualité et il participe à la création dans la force active de son amour.

L'esprit pur n'est pas absorbé dans "le grand tout", il ne se confond pas avec Dieu comme cela est supposé dans les doctrines panthéïstes.

Cette définition sommaire du but ultime de l'évolution appelle quelques remarques :

Cette approche théorique de l'absolu, du point Oméga comme aurait dit Theillard de CHARDIN, ne donne aucune notion qui puisse satisfaire notre imagination.

Si nous pouvions imaginer ce stade ultime, cela signifierait que nous avons déjà compris Dieu, auquel cas nous serions des êtres très évolués et ne serions plus sur Terre.

II est donc inutile de disserter plus avant sur un état vers lequel nous irons mais qui demeurera, pour longtemps, insaisissable à nos natures relativement peu avancées.

II s'agit d'une perspective plus que lointaine, en ce qui nous concerne, nous terriens, et de ce fait ce qui doit compter davantage, pour nous, c'est la perspective du chemin à parcourir dans les vies futures, mais c'est plus encore la vie actuelle qui doit nous préoccuper. En effet, il ne s'agit pas d'attendre le bonheur pour demain; le sens de l'évolution c'est de travailler et de lutter pour un mieux être partagé, dès aujourd'hui. Si l'éternité est devant nous, il n'en demeure pas moins que le moment présent fait partie de l'éternité et que l'avenir se construit à partir de notre action d'aujourd'hui.

- L'incarnation et le rôle du périsprit

Le périsprit est l'intermédiaire entre l'esprit et le corps, c'est un corps d'une texture très ténue, indispensable au processus de réincarnation.

L'esprit étant totalement immatériel, il se véhicule grâce au périsprit, si bien qu'esprit et périsprit son intimement liés. Le périsprit ou corps éthérique est un agent fluidique d'énergie qui permet à l'esprit de se manifester et d'agir au travers de la COmpOsante matérielle.

C'est un principe intermédiaire entre esprit et matière qui individualise l'âme en ce qu'il permet de conserver la conscience et le souvenir.

Pour donner une image, le périsprit agit à la manière d'un appareil enregistreur, ainsi, il conserve en mémoire toutes les informations du passé et tout le vécu émotionnel de l'esprit depuis son origine, cela veut dire, qu'il a emmagasiné l'ensemble du vécu au cours des incarnations successives.

Ce vécu passé revient progressivement à la mémoire lorsque l'esprit rejoint l'au-delà après la mort. Ce processus du souvenir n'est cependant pas une règle générale, car même à l'état spirituel, l'esprit peut établir une censure salutaire, en évitant de faire remonter à sa conscience des évènements lointains dans le temps, des évènements traumatisants qu'il ne serait pas en mesure de supporter.

Au moment de l'incarnation, c'est-à-dire à la conception, l'esprit provoque la fécondation grâce au périsprit. L'esprit insuffle sa volonté, cette volonté est une ligne directrice imprégnée naturellement sur le double périsprital, double d'énergie qui va transmettre et imprimer cette volonté sur les cellules.

Ainsi, va naître la vie, les cellules vont se multiplier sous l'impulsion de l'esprit par l'intermédiaire du double.

Sans ce double, le processus vital ne pourrait pas avoir lieu, c'est pourquoi, les esprits, parvenus à l'état de perfection, étant débarrassés définitivement du périsprit n'ont plus la possibilité de se réincarner, ce qui est tout à fait conforme à leur état de pureté puisqu'ils n'en ont plus la nécessité.

- Le processus vital

La réalité du périsprit animé par l'esprit apporte la réponse définitive au processus vital. Jusqu'à ce Jour, la science butte toujours sur le phénomène de la vie.

La science sait décomposer, dans les moindres détails, les agencements moléculaires, ou sait décrire à merveille la duplication d'une chaîne d'ADN mais on est bien incapable de comprendre le souffle vital qui en est à l'origine.

Seule une conception vitaliste ou animiste permet de rendre compte du phénomène de l'apparition de la vie.

A ce titre, l'explication spirite demeure, à ce jour, la seule conception cohérente du processus vital. Le grand physiologiste, Claude BERNARD, suggérait déjà l'existence d'un principe organisateur de la vie, il avait en fait, par intuition ou par déduction, découvert l'existence du double périsprital.

Le double périsprital agissant sous l'impulsion de l'esprit fut remarquablement défini par la suite par le Docteur Gustave GELEY qui, pour mieux imager le rôle organisateur et actif de l'âme, parlait d'un "dynamo-psychisme".

Le psychisme trouve son principe actif dans le fluide périsprital. La matière dite vivante est le résultat d'une volonté dynamique qui met la matière en mouvement mais aussi maintient et régule la vie physique jusqu'à la mort.

Le bon fonctionnement du corps physique, le renouvellement périodique des cellules, la réparation des tissus cellulaires endommagés (cicatrisations), tout cela résulte de la volonté instinctive et inconsciente qui habite chacun d'entre nous, à savoir, notre propre dynamopsychisme représentant la double composante, esprit et périsprit.

- De l'inconscient au conscient

A l'origine, l'esprit, dans ses premiers balbutiements de vie, n'a qu'une existence instinctive. Il a à peine conscience de lui-même et de ses actes, ce n'est que peu à peu que l'intelligence se développe.

Les premières incarnations répondent à un processus naturel spontané et instinctif, c'est-à dire, un retour à la chair qui s'établit de façon automatique. Entre chaque vie, l'esprit ne prend pas conscience de son au-delà et il revient instinctivement à la chair dans une réincarnation inconsciente. Puis, peu à peu, l'esprit va prendre conscience de son individualité et il sera appelé à mieux réaliser son incarnation.

Arrive un moment où l'esprit, après la rupture d'une vie, va découvrir la réalité spirituelle de l'au-delà, c'est à partir de ce stade que l'esprit poursuivra une double évolution, l'évolution au travers de la chair et l'évolution au contact avec d'autres esprits pendant les périodes entre chaque incarnation.

L'évolution générale de notre planète implique encore une difficile réalité, à savoir, que la majorité des terriens ne vivent pas pleinement leur au-delà après la mort, et donc se réincarnent spontanément, inconsciemment après une période d'erraticité que nous appelons le trouble.

Le trouble mortel est une constante naturelle qui s'applique à tous les individus au stade terrestre.

Ce trouble peut varier de quelques heures à plusieurs années; précisons qu'il ne faut pas voir là une durée réellement vécue et ressentie, étant donné que l'esprit se situe en dehors de l'espace-temps.

Le trouble est une réalité dans laquelle l'esprit n'a pas conscience de son état. Il vit de son imagination et perpétue, comme à l'état de sommeil, des situations oniriques en rapport avec la vie qu'il vient de quitter. Cet état de trouble peu s'apparenter au rêve inconscient mais peut aussi avoir le caractère du cauchemar ou du délire.

Le blocage dans cet état de trouble peut être le résultat d'un traumatisme lié à la façon de mourir.

Par exemple, lors d'une mort violente, l'esprit reste souvent figé dans la situation traumatisante d'un accident et son imaginaire répète indéfiniment les images du choc.

Quels que soient les cas, qui sont tous des cas particuliers, il nous faut pour le moment envisager à notre stade terrestre deux modes de réincarnation, la réincarnation instinctive et la réincarnation consciente.

La réincarnation instinctive correspond aux premières phases de l'évolution, l'esprit est naturellement attiré vers la matière pour refaire une vie sans avoir pris conscience de son état spirituel depuis sa fin précédente.

Au moment où l'esprit réalise pour la première fois la réalité de son au-delà, il prend contact avec d'autres esprits et en particulier avec son guide qui va le prendre en charge. Il s'agit d'une découverte de l'autre monde, une phase d'instruction qui permet alors à l'esprit de préparer, plus librement, une nouvelle incarnation.

Suivant les conseils de son guide, l'esprit va décider, en conscience, de son retour. II va choisir sa nouvelle famille, son nouvel environnement en fonction de personnes qu'il ai déjà connues en d'autres vies.

Il peut y avoir nécessité à retrouver des sympathies, des affinités du passé, mais aussi, il est souvent nécessaire de revenir auprès de personnes avec lesquelles il y a eu, dans d'autres vies, des situations conflictuelles; le but est alors de dépasser et de résoudre ces problèmes antérieurs.

L'esprit décide donc de retrouver d'autres individualités pour tenter de faire mieux, pour tenter de transformer des conflits du passé en harmonie du futur.

Le but ne sera pas toujours atteint car l'esprit réincarné n'a plus la mémoire de ses bonnes décisions prises avant de revenir, toutefois, ses désirs sont inscrits dans son inconscient et instinctivement, il pourra donner une ligne directrice à sa vie, en fonction de ce qui fut décidé.

C'est en ce sens que la mission préétablie avant le retour sera plus ou moins bien réalisée, mais sera souvent entravée par les circonstances imprévisibles de la vie, qui rendent difficile le bon accomplissement de ce qui fut envisagé.

II faut donc retenir de la réincarnation sur le mode libre et conscient, que l'esprit se donne certaines grandes lignes directrices pour son accomplissement futur.

Ensuite, les aléas et les circonstances de la vie physique vont représenter des freins, des barrières, qui bien souvent, ne permettent pas l'épanouissement désiré par l'esprit réincarné.

Sachant les difficultés de la vie terrestre, il est aisé de se rendre compte, que tout esprit qui revient à la chair avec de grandes décisions ou de grands projets, est fatalement entravé dans ses désirs par une société inadéquate qui ne permet pas toujours la liberté ou le choix.

De plus, il faut bien tenir compte de la psychologie de chacun. L'esprit, dans l'au-delà, lorsqu'il a la nécessité de revenir pour poursuivre son évolution, bien souvent, n'a pas la mesure des difficultés qui l'attendent.

II est parfois pressé de revenir à la chair et ne tenant pas compte des conseils du guide, il peut se réincarner trop vite, sans avoir pris le temps de bien préparer son retour.

L'esprit désincarné a toujours son caractère propre avec ses qualités et ses défauts façonnés par ses vies, et ainsi, il n'est pas toujours très docile, il peut alors négliger les conseils qui lui sont donnés pour, de lui-même, précipiter le mouvement et en conséquence, ne pas s'incarner dans les meilleures des conditions.

L'évolution générale de la planète Terre résulte de l'addition des évolutions individuelles de ses habitants. A ce jour, il faut encore considérer qu'une majorité de terriens se sont réincarnés selon le mode instinctif.

Imaginons, un instant, que la communication spirite soit répandue et acceptée. Ce serait un atout extraordinaire pour inverser la tendance. En effet, une saine pratique du spiritisme nous permet de délivrer un grand nombre d'esprits dans le trouble par le contact spirite, mais aussi, tout simplement, par l'action de la pensée dirigée (que l'on peut appeler prière ).

Bon nombre d'esprits, voués à se réincarner spontanément et instinctivement, se trouvent ainsi libérés et découvrent l'au-delà. Ils peuvent alors préparer consciemment leur retour et donc se donner des atouts déterminant pour réussir leur incarnation future.

Si ce travail de délivrance des esprits dans l'erraticité était généralisé, ce serait le point de départ d'une humanité plus conséquente et mieux à même de se réaliser.

Cette utopie n'est pas encore pour demain, mais c'est pourtant ce vers quoi il faudra tendre. Les spirites qui accomplissent régulièrement ce travail donnent toujours le conseil suivant: Etablir des chaînes fluidiques à l'intention de personnes récemment décédées pour leur éviter de prolonger le trouble.

C'est un premier pas, c'est un travail de fourmi, mais c'est déjà l'exemple à une échelle limitée, de ce qui pourrait apporter un bienfait considérable à une foule d'esprits dans la torpeur du trouble.

Le sens de l'amour universel doit se situer dans cette aide indispensable, c'est un amour actif qui trouve son véritable sens. Sinon, à quoi bon pleurer et regretter celle ou celui qui vient de nous quitter?

L'esprit va ressentir la douleur de ceux qui restent, il sera plus encore retenu dans une vibration matérielle, ce qui ne fera qu'accentuer son trouble. La seule solution est donc d'accepter la mort et d'accompagner l'esprit jusqu'à son au-delà. Cet accompagnement consiste à utiliser l'action pensée dans le sens de l'amour libérateur.

Cette action pensée sera libératrice pour l'esprit et en même temps pour les humains qui auront la certitude que l'être cher n'est pas perdu pour toujours. L'esprit vivra alors librement de la vie des esprits, sachant que ceux qui s'aiment se retrouveront toujours, soit dans l'au-delà, soit en d'autres vies futures.

Au fur et à mesure des incarnations, la conscience se développe. L'intelligence et la sensibilité s'affinent tout au long des vies, par la confrontation avec les autres humains. L'éveil progressif de la conscience, ce doit être la compréhension du monde.

Cet univers terrien qui est le nôtre, nous en sommes les dépositaires et en même temps, nous en sommes les auteurs actifs ou passifs. La véritable conscience de soi passe par la conscience du milieu environnant.

II n'y a pas de conscience réelle qui se situerait en dehors de l'espace et du temps, dans une méditation contemplative. L'éveil de la conscience, dans une solution individualiste, n'aboutit qu'à une impasse, c'est l'impasse de toutes les solitudes. L'humain n'a conscience de lui-même que dans son rapport aux autres. C'est pourquoi le sens de l'évolution doit trouver sa réalité dans la connaissance et dans l'action.

Si les esprits ont toujours enseigné l'amour, ce ne fut jamais dans l'abstraction d'un terme passe-partout. L'invitation à l'amour correspond, pour nous terriens, à un apprentissage laborieux, à l'intérieur de la collectivité humaine. Cela suppose l'intéressement à la vie, cela suppose une participation active au devenir de lai planète, cela suppose aussi l'apprentissage de la liberté.

L'élargissement de la conscience doit donc se situer dans le réel, c'est-à-dire, au sein de l'univers matériel dans lequel nous sommes incarnés, ou plus précisément réincarnés. C'est ainsi qu'il faut comprendre la palingénèse selon la formule spirite.

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- 2ème partie

A travers le monde, les témoignages qui attestent de la réalité palingénésique sont certes, très nombreux, mais il n'est pas toujours aisé de retrouver la trace d'une vie antérieure ancienne, car les archives au-delà d'une certaine époque, ont été détruites ou égarées.

Toutefois, à partir de la démarche spirite, nous pouvons affirmer que la preuve de la réincarnation est déjà établie sur le plan intellectuel, dans la concordance logique de tous les messages reçus à ce sujet.

En effet, la cohérence de la philosophie spirite repose sur un raisonnement sans faille qui permet de conclure à la réalité naturelle de la réincarnation définie et explicitée par les esprits.

La théorie peut se suffire à elle-même dans la mesure où les esprits, qui se manifestent, ont toujours apporté des preuves multiples, preuves d'identités et preuves de capacités intellectuelles indéniables.

Nous estimons donc que les esprits, dans la cohérence de propos réitérés à maintes reprises, sont dignes de foi. Certains propos peuvent être rapidement vérifiés et confirmés, d'autres affirmations non vérifiables doivent être, par déduction, tenues pour vraies, car il n'est pas concevable qu'un même esprit puisse un jour transmettre une connaissance irréfutable et le lendemain se contredire dans des propos erronés.

En ce sens, la connaissance spirite a souvent le caractère de la révélation dans la mesure où certaines informations transmises sont hors de notre portée immédiate, mais l'ensemble de l'expérimentation spirite demeure un tout indissociable dont la cohérence logique a toujours prévalu, c'est ainsi que bon nombre de révélations se sont vues confirmées plusieurs années après qu'elles furent émises.

A partir de la communication spirite, nous pouvons donc déduire que la réincarnation est mise en évidence sur le plan intellectuel selon une démarche philosophique, néanmoins, il faut faire une distinction dans cette approche philosophique.

Si pour nous incarnés, le raisonnement est nécessaire pour appréhender une réalité spirituelle, les esprits désincarnés, par contre, perçoivent une réalité objective pour eux, qu'ils sont obligés de transposer, pour nous, sur le mode de la description ou de la révélation.

Ceci étant, nous avons l'avantage de pouvoir utiliser des témoignages divers qui apportent des preuves objectives, des preuves qui viennent renforcer et confirmer l'enseignement théorique.

Différents moyens ont permis la mise en évidence des vies successives. Certains de ces moyens sont spécifiquement spirites, d'autres consistent à utiliser des témoignages qui ne font pas intervenir le contact avec les esprits.

Examinons les différentes sources d'informations dont nous disposons afin d'établir le constat irréfutable de l'évolution palingénésique.

- Révélation spirite des vies antérieures

De façon régulière des esprits guides sont amenés à faire des révélations concernant des antériorités à l'occasion d'une séance.

Les révélations de ce genre sont succinctes et sont généralement complétées à la demande de l'esprit, par des lectures de vies réalisées sous sommeil magnétique.

Un médium induit à cette forme de sommeil, par les passes longitudinales d'un magnétiseur, va voir et décrire tout un déroulement de scènes correspondant à une partie de la vie antérieure de la personne précédemment désignée.

Images, impressions, sensations sont relatées et commentées par le médium endormi. D'une voix faible et monocorde, le médium décrit tout ce qu'il perçoit.

La tranche de vie ainsi décrite, correspond bien souvent à une révélation importante pour la personne concernée qui pourra parfois y retrouver des évènements qui ont durablement marqué sa personnalité, des évènements dont l'influence pourra encore trouver une résonance dans la vie actuelle.

Certaines angoisses, phobies, névroses ou psychose, peuvent être le résultat d'un fait traumatisant vécu antérieurement et qui reste inscrit au plus profond de l'inconscient.

Concernant les multiples révélations de vies antérieures, obtenues par la voie spirite, la diversité est telle qu'il est extrêmement difficile d'établir des recherches d'archives.

En effet, si la vie antérieure est trop éloignée dans le temps, les documents d'état civil n'existent plus et si en plus de cela la vie se situe dans un autre pays fort éloigné du nôtre, l'enquête devient pratiquement impossible.

Cependant, lorsque la vie antérieure n'est pas trop éloignée, ni dans le lieu, ni dans le temps, la recherche devient possible et il est arrivé, que des spirites retrouvent, dans les archives municipales, les traces de leur passé révélé par l'esprit.

- Revivre son passé sous hypnose
Le sujet induit au sommeil hypnotique a la faculté de réveiller sa mémoire inconsciente, cette capacité bien entendu, ne vaut que pour le sujet facilement hypnotisable ; d'après certaines estimations et sous toutes réserves, le sommeil profond n'a pu être obtenu qu'avec environ l5 % des cas soumis à l'expérience.

L'hypnotiseur suggère à son sujet une régression dans le temps, il lui fait revivre des situations du passé qui sont oubliées à l'état conscient. De façon générale, l'hypnotiseur classique va se contenter de remonter à l'enfance et dans un accès d'audace, il ira parfois jusqu'à la vie intra-utérine de son sujet.

Mais beaucoup plus rares sont les hypnotiseurs qui poussent la curiosité jusqu'à franchir le pas de l'avant, pour sonder l'inconnu. Entreprendre une régression dans le temps pour aller au-delà de la vie fœtale, avant même la conception, c'est une expérience rare qui fut cependant établie par quelques hypnotiseurs désireux de percer les mystères de la vie.

Lorsque l'expérience est menée à son terme, le sujet va parfois décrire sa vie dans l'au-delà, avant son incarnation, mais le plus souvent, il se retrouve directement plongé dans le souvenir de sa dernière vie.

Les résultats de ces expériences ont donné lieu à une littérature abondante, plus ou moins authentique, mais trop souvent empreinte de sensationnel et de merveilleux.

Cependant, des comptes-rendus dignes d'intérêt sont à relever, par exemple, ceux établis par lsola PISANI ou par Morey BERNSTElN.

Le sujet endormi par M. BERSTEIN aux Etats-Unis s'identifie à une irlandaise nommée Bridey Murphy et affirme avoir vécu au 19ème siècle.

Les noms, les lieux et les dates indiqués par le sujet sont retrouvés après une enquête menée en Irlande et l'ensemble du récit est authentifié.

II faut, certes prendre tous les témoignages qui vont dans ce sens avec circonspection, tant il est vrai que les auteurs se perdent souvent dans des conjectures hasardeuses pour satisfaire la curiosité du lecteur, mais il reste que toute expérience bien menée aboutit sans conteste à la preuve d'une antériorité revécue sous sommeil hypnotique.

Par contre, un aspect essentiel est toujours sous estimé dans l'expérience de régression, c'est celui d'un danger pour l'équilibre psychologique du sujet.

En matière de psychologie, nous savons la fragilité de chacun. Notre mémoire établit tout au long de notre vie certaines censures salutaires par rapport à des évènements douloureux que nous avons mal surmontés.

C'est pourquoi, des situations traumatisantes, source de névroses ou de psychoses se retrouvent occultées pour chacun d'entre nous et notre inconscient est chargé d'un contenu émotionnel considérable qu'il n'est pas toujours bon de réveiller.

Seul un hypnotiseur ou un analyste averti pourra effacer un traumatisme qui ressurgit au cours d'une régression afin de ne pas compromettre un psychisme en état d'équilibre.

Cette réalité est évidente concernant la vie présente du sujet, mais il est plus délicat encore d'aborder une vie antérieure car l'hypnotisé plonge dans l'inconnu et il peut se retrouver devant une situation dramatique qu'il revit au moment précis de la régression.

Le souvenir devient alors traumatisant et il faut à l'hypnotiseur trouver une solution pour préserver le psychisme du sujet. Il lui faudra, soit effacer le traumatisme par un dialogue approprié, soit plus simplement annihiler le souvenir en utilisant la suggestion de l'oubli.

Sinon, le sujet qui se réveillerait avec le souvenir d'une situation insoutenable attenant à une vie antérieure risquerait d'être déstabilisé dans son comportement présent, tout dépend, bien entendu, de la capacité de la personne à intégrer ou non un souvenir pénible redevenu conscient.

L'hypnose est donc une technique qui permet d'extraordinaires recherches à condition qu'elle soit judicieusement pratiquée par des opérateurs avertis qui aient quelques connaissances des mécanismes de l'inconscient.

- Souvenir de l'antériorité à l'état conscient

Abordons, maintenant, une rubrique témoignages, qui est totalement indépendante de l'expérimentation spirite ou hypnotique. Il faut pour cela se reporter à l'excellent travail du professeur américain Ian STEVENSON, Chercheur infatigable, enquêteur minutieux, ce médecin du comportement a étudié, pendant plus de 20 ans, les affirmations des jeunes enfants se souvenant de leur dernière vie.

Précisons, dès à présent, pour ne pas trahir la démarche de STEVENSON, que celui-ci ne veut pas tirer de conclusion définitive à partir des résultats obtenus. C'est pourquoi, il a l'extrême prudence d'intituler ses rapports: "cas suggérant le phénomène de réincarnation".

STEVENSON se limite donc à suggérer l'éventualité de la réincarnation en tant qu'hypothèse de travail, parce qu'il n'en a pas trouvé d'autre. Mais il demeure très circonspect sans doute par excès de rigueur scientifique ou pour d'autres raisons qui lui appartiennent.

Toujours est-il que ce travail gigantesque réalisé par une équipe de chercheurs mérite d'être souligné.

STEVENSON a été confronté à environ 2000 cas d'enfants se souvenant avec précision de leur antériorité, en particulier en Inde, à Ceylan, au Brésil, en Alaska et au Liban. Tous les cas qu'il a retenu dans ses ouvrages ont été soumis à enquêtes minutieuses à toute fin de déterminer l'état civil antérieur et de retrouver la famille antérieure pour témoignages.

Les recoupements utiles à la preuve ont été établis entre les dires des enfants en question et les souvenirs de ceux qui avaient connu la personnalité antérieure.

De façon générale, la mémoire antérieure est constatée chez des enfants avant l'âge de 10 ans, l'âge le plus propice se situant vers 3 ans. Cette mémoire disparaît progressivement lorsque l'enfant grandit et dans la presque totalité des cas, l'adolescent a perdu le souvenir de ce qu'il affirmait dans sa plus tendre enfance.

Nous retiendrons, pour illustrer le travail de STEVENSON, un des nombreux cas relevés en Inde, la cas de la petite fille prénommée Sukla.

Née en Mars 1954, au Bengale Occidental, dans le village de Kampa, Sukla va étonner ses parents dès qu'elle balbutiera ses premiers mots.

A l'âge de un an et demi, on a remarqué qu'elle berçait souvent un oreiller qu'elle appelait Minu.

Quand on lui demandait qui était Minu, elle répondait: "Ma fille". Par la suite, elle révélait de nombreux renseignements concernant une autre famille. Elle prétendait avoir vécu dans le quartier de Rathtala à Bhatpara, village situé à 17 km de Kampa, en compagnie de son mari antérieur et des deux jeunes frères de celui-ci, dont elle donna les noms Khetu et Karuna.

On se déplaçait peu dans cette contrée pauvre de l'Inde, si bien que les parents n'avaient jamais entendu parler du quartier derathatla. STEVENSON, dans son enquête, rapporte ceci: "Sukla manifestait un profond désir de partir à Bhatpara et elle commença à dire avec insistance qu'elle s'en irait seule si sa famille ne l'y emmenait pas . Elle prétendit pouvoir marcher en tête vers la maison de son beau-père..." .

Son père décida de se renseigner auprès d'un camarade de travail qui habitait Bathpara. Celui ci entreprit une recherche et découvrit l'existence de la famille antérieure. Les noms et les liens de parenté évoqués par l'enfant, s'avéraient rigoureusement exacts.

On apprenait qu'une femme du nom de Mana, mère de Minu était décédée en Janvier 1948. Il fut alors décidé de rendre visite à l'autre famille.

STEVENSON rapporte ce déplacement :

"
Pendant l'été de 1959, Sukla et quelques membres de sa famille firent le trajet jusqu'à Bhatpara , arrivée là, Sukla montra le chemin pour se rendre chez son prétendu ancien beaupère, Sri Amritalal Chakravarty.

Elle avait alors un peu plus de 5 ans. Elle reconnut et donna le nom exact d'un certain nombre de personnes et d'objets....
".

En arrivant devant la maison, l'enfant fut très embarrassée, ne trouvant pas la porte d'entrée là où elle devait se situer. En fait, l'ancienne entrée de la maison avait été murée et l'entrée principale ne donnait plus sur la rue, mais sur le côté, le long d'une ruelle.

La confusion de Sukla était donc conforme aux changements survenus. L'enfant fut confrontée aux différentes personnes de la famille antérieure qu'elle identifia avec beaucoup d'émotion.

Elle retrouva sa fille, Minu, devenue adulte, avec l'attitude de protection tendre d'une mère qui avait quelque chose de maladroit et disproportionné.

Elle se retrouvait étrangement petite devant son enfant qui avait grandi.

D'autres signes de reconnaissance indubitables furent donnés par Sukla : Des personnes de la famille, des amis, des voisins désignés par leurs noms, le souvenir d'un film vu avec son mari, la seule fois où ils allèrent au cinéma, l'évocation d'un autre enfant qu'elle avait eu après Minu et qui était mort en bas âge, etc...

Et la liste est longue de tous les détails consignés par STEVENSON dans son rapport. La multitude d'anecdotes et de signes de reconnaissance témoigne à l'évidence du souvenir intact d'un vécu antérieur. Cette enquête s'est déroulée sur plusieurs années. Les membres des deux familles furent interrogés séparément puis confrontés pour finalement conclure à la véracité des affirmations de l'enfant.

STEVENSON souligne que Sukla désirait maintenir un contact régulier avec son ancienne famille, mais contrairement à d'autres enfants dans le même cas, elle n'a jamais souhaité rejoindre définitivement l'autre famille.

Dans d'autres cas du même ordre, certains enfants ont manifesté un désir impérieux de rester dans l'ancienne famille retrouvée, en reniant totalement leur nouvelle incarnation et leur nouveau milieu familial.

L'étude de tous ces cas de réminiscences antérieures, à travers le monde chez les jeunes enfants, montre simplement que dans certaines sociétés, des parents prêtent une oreille attentive à ce qui pourrait ressembler à un délire de l'imagination.

Si bien souvent, les enfants se plaisent à fabuler et s'inventent de petites histoires, il apparaît parfois que l'imagination débridée ne soit rien d'autre que la pure réalité d'un souvenir.

Le cerveau de l'enfant n'est pas encore encombré par la multitude des informations qui vont peu à peu le solliciter et qu'il lui faudra emmagasiner. Le cerveau de l'enfant en bas âge est, en quelque sorte, un terrain vierge, support d'un esprit qui s'intègre progressivement à une nouvelle vie.

De ce fait, la petite enfance peut représenter un moment privilégié, propice au souvenir d'un passé encore récent.

Certes, peu d'enfants possèdent ce souvenir, néanmoins, pendant des périodes brèves, à situer entre 2 et 5 ans, il n'est pas rare que des enfants se lancent dans d'apparentes affabulations qui ont pour origines des bribes d'antériorité qui se superposent à la vie présente dans une grande confusion.

L'attitude des parents est alors déterminante; ils doivent être attentifs et laisser libre cours à l'expression du souvenir pour ensuite tenter de discerner le souvenir possible de l'affabulation pure.

- Nécessité d'une synthèse

Révélations en séances spirites, sommeils magnétiques, régressions hypnotiques et mémoire de jeunes enfants sont autant de sujets d'étude qui viennent attester de la réalité palingénésique.

Toutes ces preuves se complètent pour concourir à un même résultat. Et rien ne permet de dire que les moyens évoqués ci-dessus, offrent un éventail complet dans cette investigation.

Signalons, par exemple, un autre élément d'identification soulevé par STEVENSON dans certains de ses cas.

Certains enfants présentent des tâches de naissance qui correspondent à une localisation précise. D'après les récits des enfants, on remarque que des tâches de naissance correspondent à l'endroit précis d'une blessure mortelle.

Le souvenir de l'évènement provoque, dans ce cas, une marque de naissance au moment de la réincarnation, ce qui vient confirmer le rôle mémorisant du périsprit qui "recopie" la marque de la blessure antérieure sur son nouveau corps.

Tous ces éléments de preuve confrontés à la théorie spirite, représentent un vaste champ d'investigation au profit d'une certitude. Il est, à cet égard, dommage que l'on n'ait pas envisagé une synthèse à partir des différentes recherches.

Chacun envisage de démontrer la réincarnation, selon sa méthode, selon sa spécialité, l'hypnotiseur dans son domaine, l'enquêteur STEVENSON dans sa spécialité qui est d'étudier le comportement des enfants.

Sans doute les spirites sont-ils les mieux à même d'établir le trait d'union entre les différentes recherches, car grâce à l'apport théorique du spiritisme, la synthèse s'impose d'emblée dans une totale compréhension de toutes les expériences et de tous les témoignages.

La définition spirite de la réincarnation permet de rendre compte de l'ensemble des constatations précédemment évoquées. Ainsi donc, théorie et expérimentation (ou observation) finissent par se rejoindre dans ce que nous pouvons nommer :

"LA SCIENCE DE LA REINCARNATION"


Jacques PECCATTE.

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