| - De l'inconscient au conscient
A l'origine, l'esprit, dans ses premiers balbutiements de vie, n'a qu'une existence instinctive. Il a à peine conscience de lui-même et de ses actes, ce n'est que peu à peu que l'intelligence se développe.
Les premières incarnations répondent à un processus naturel spontané et instinctif, c'est-à dire, un retour à la chair qui s'établit de façon automatique. Entre chaque vie, l'esprit ne prend pas conscience de son au-delà et il revient instinctivement à la chair dans une réincarnation inconsciente. Puis, peu à peu, l'esprit va prendre conscience de son individualité et il sera appelé à mieux réaliser son incarnation.
Arrive un moment où l'esprit, après la rupture d'une vie, va découvrir la réalité spirituelle de l'au-delà, c'est à partir de ce stade que l'esprit poursuivra une double évolution, l'évolution au travers de la chair et l'évolution au contact avec d'autres esprits pendant les périodes entre chaque incarnation.
L'évolution générale de notre planète implique encore une difficile réalité, à savoir, que la majorité des terriens ne vivent pas pleinement leur au-delà après la mort, et donc se réincarnent spontanément, inconsciemment après une période d'erraticité que nous appelons le trouble.
Le trouble mortel est une constante naturelle qui s'applique à tous les individus au stade terrestre.
Ce trouble peut varier de quelques heures à plusieurs années; précisons qu'il ne faut pas voir là une durée réellement vécue et ressentie, étant donné que l'esprit se situe en dehors de l'espace-temps.
Le trouble est une réalité dans laquelle l'esprit n'a pas conscience de son état. Il vit de son imagination et perpétue, comme à l'état de sommeil, des situations oniriques en rapport avec la vie qu'il vient de quitter. Cet état de trouble peu s'apparenter au rêve inconscient mais peut aussi avoir le caractère du cauchemar ou du délire.
Le blocage dans cet état de trouble peut être le résultat d'un traumatisme lié à la façon de mourir.
Par exemple, lors d'une mort violente, l'esprit reste souvent figé dans la situation traumatisante d'un accident et son imaginaire répète indéfiniment les images du choc.
Quels que soient les cas, qui sont tous des cas particuliers, il nous faut pour le moment envisager à notre stade terrestre deux modes de réincarnation, la réincarnation instinctive et la réincarnation consciente.
La réincarnation instinctive correspond aux premières phases de l'évolution, l'esprit est naturellement attiré vers la matière pour refaire une vie sans avoir pris conscience de son état spirituel depuis sa fin précédente.
Au moment où l'esprit réalise pour la première fois la réalité de son au-delà, il prend contact avec d'autres esprits et en particulier avec son guide qui va le prendre en charge. Il s'agit d'une découverte de l'autre monde, une phase d'instruction qui permet alors à l'esprit de préparer, plus librement, une nouvelle incarnation.
Suivant les conseils de son guide, l'esprit va décider, en conscience, de son retour. II va choisir sa nouvelle famille, son nouvel environnement en fonction de personnes qu'il ai déjà connues en d'autres vies.
Il peut y avoir nécessité à retrouver des sympathies, des affinités du passé, mais aussi, il est souvent nécessaire de revenir auprès de personnes avec lesquelles il y a eu, dans d'autres vies, des situations conflictuelles; le but est alors de dépasser et de résoudre ces problèmes antérieurs.
L'esprit décide donc de retrouver d'autres individualités pour tenter de faire mieux, pour tenter de transformer des conflits du passé en harmonie du futur.
Le but ne sera pas toujours atteint car l'esprit réincarné n'a plus la mémoire de ses bonnes décisions prises avant de revenir, toutefois, ses désirs sont inscrits dans son inconscient et instinctivement, il pourra donner une ligne directrice à sa vie, en fonction de ce qui fut décidé.
C'est en ce sens que la mission préétablie avant le retour sera plus ou moins bien réalisée, mais sera souvent entravée par les circonstances imprévisibles de la vie, qui rendent difficile le bon accomplissement de ce qui fut envisagé.
II faut donc retenir de la réincarnation sur le mode libre et conscient, que l'esprit se donne certaines grandes lignes directrices pour son accomplissement futur.
Ensuite, les aléas et les circonstances de la vie physique vont représenter des freins, des barrières, qui bien souvent, ne permettent pas l'épanouissement désiré par l'esprit réincarné.
Sachant les difficultés de la vie terrestre, il est aisé de se rendre compte, que tout esprit qui revient à la chair avec de grandes décisions ou de grands projets, est fatalement entravé dans ses désirs par une société inadéquate qui ne permet pas toujours la liberté ou le choix.
De plus, il faut bien tenir compte de la psychologie de chacun. L'esprit, dans l'au-delà, lorsqu'il a la nécessité de revenir pour poursuivre son évolution, bien souvent, n'a pas la mesure des difficultés qui l'attendent.
II est parfois pressé de revenir à la chair et ne tenant pas compte des conseils du guide, il peut se réincarner trop vite, sans avoir pris le temps de bien préparer son retour.
L'esprit désincarné a toujours son caractère propre avec ses qualités et ses défauts façonnés par ses vies, et ainsi, il n'est pas toujours très docile, il peut alors négliger les conseils qui lui sont donnés pour, de lui-même, précipiter le mouvement et en conséquence, ne pas s'incarner dans les meilleures des conditions.
L'évolution générale de la planète Terre résulte de l'addition des évolutions individuelles de ses habitants. A ce jour, il faut encore considérer qu'une majorité de terriens se sont réincarnés selon le mode instinctif.
Imaginons, un instant, que la communication spirite soit répandue et acceptée. Ce serait un atout extraordinaire pour inverser la tendance. En effet, une saine pratique du spiritisme nous permet de délivrer un grand nombre d'esprits dans le trouble par le contact spirite, mais aussi, tout simplement, par l'action de la pensée dirigée (que l'on peut appeler prière ).
Bon nombre d'esprits, voués à se réincarner spontanément et instinctivement, se trouvent ainsi libérés et découvrent l'au-delà. Ils peuvent alors préparer consciemment leur retour et donc se donner des atouts déterminant pour réussir leur incarnation future.
Si ce travail de délivrance des esprits dans l'erraticité était généralisé, ce serait le point de départ d'une humanité plus conséquente et mieux à même de se réaliser.
Cette utopie n'est pas encore pour demain, mais c'est pourtant ce vers quoi il faudra tendre. Les spirites qui accomplissent régulièrement ce travail donnent toujours le conseil suivant: Etablir des chaînes fluidiques à l'intention de personnes récemment décédées pour leur éviter de prolonger le trouble.
C'est un premier pas, c'est un travail de fourmi, mais c'est déjà l'exemple à une échelle limitée, de ce qui pourrait apporter un bienfait considérable à une foule d'esprits dans la torpeur du trouble.
Le sens de l'amour universel doit se situer dans cette aide indispensable, c'est un amour actif qui trouve son véritable sens. Sinon, à quoi bon pleurer et regretter celle ou celui qui vient de nous quitter?
L'esprit va ressentir la douleur de ceux qui restent, il sera plus encore retenu dans une vibration matérielle, ce qui ne fera qu'accentuer son trouble. La seule solution est donc d'accepter la mort et d'accompagner l'esprit jusqu'à son au-delà. Cet accompagnement consiste à utiliser l'action pensée dans le sens de l'amour libérateur.
Cette action pensée sera libératrice pour l'esprit et en même temps pour les humains qui auront la certitude que l'être cher n'est pas perdu pour toujours. L'esprit vivra alors librement de la vie des esprits, sachant que ceux qui s'aiment se retrouveront toujours, soit dans l'au-delà, soit en d'autres vies futures.
Au fur et à mesure des incarnations, la conscience se développe. L'intelligence et la sensibilité s'affinent tout au long des vies, par la confrontation avec les autres humains. L'éveil progressif de la conscience, ce doit être la compréhension du monde.
Cet univers terrien qui est le nôtre, nous en sommes les dépositaires et en même temps, nous en sommes les auteurs actifs ou passifs. La véritable conscience de soi passe par la conscience du milieu environnant.
II n'y a pas de conscience réelle qui se situerait en dehors de l'espace et du temps, dans une méditation contemplative. L'éveil de la conscience, dans une solution individualiste, n'aboutit qu'à une impasse, c'est l'impasse de toutes les solitudes. L'humain n'a conscience de lui-même que dans son rapport aux autres. C'est pourquoi le sens de l'évolution doit trouver sa réalité dans la connaissance et dans l'action.
Si les esprits ont toujours enseigné l'amour, ce ne fut jamais dans l'abstraction d'un terme passe-partout. L'invitation à l'amour correspond, pour nous terriens, à un apprentissage laborieux, à l'intérieur de la collectivité humaine. Cela suppose l'intéressement à la vie, cela suppose une participation active au devenir de lai planète, cela suppose aussi l'apprentissage de la liberté.
L'élargissement de la conscience doit donc se situer dans le réel, c'est-à-dire, au sein de l'univers matériel dans lequel nous sommes incarnés, ou plus précisément réincarnés. C'est ainsi qu'il faut comprendre la palingénèse selon la formule spirite. |