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Non Nobis Domine, Non
Nobis,
Sed Nomini Tuo Da Gloriam
Non pour
nous, Seigneur, non pour nous,
mais pour la gloire de ton nom
Après les nombreuses
dérives et appropriations de leur aura parfois
mystérieuse, nous allons essayer de replacer les
Templiers dans leur contexte historique ...
Tout a commencé dans les années qui suivirent la
première croisade en Terre Sainte (1096-1099). Malgré
la prise de Jérusalem par les croisés (le 15 Juillet
1099), la sécurité des pélerins n'étaient pas
assurée. Entre les brigands locaux et les croisés aux
buts peu louables, les pélerinages devenaient parfois
tragiques.
Hugues de Payns (Hugues de Payens, de la Maison des
comtes de Champagne) et Geoffroy de Saint-Omer vivant
sous la Règle des chanoines de saint-Augustin choisirent
d'assurer la garde du défilé d'Athlit, le chemin
d'accès le plus dangereux pour les pélerins. Ce dernier
deviendra plus tard le Château-Pélerin. Et c'est 1118
que l'Ordre des Pauvres Chevaliers du Christ voit
le jour ...
Revenant près des Lieux Saints, Baudoin II, roi de
Jérusalem, leur octroie une partie de son palais, à
l'emplacement du Temple de Salomon. Ils deviennent alors
très rapidement les Chevaliers du Temple ou Templiers du fait de cet emplacement symbolique (bâti en 961 avant
Jésus-Christ, le Temple de Salomon fut détruit par les
Chaldéens en 587 avant Jésus-Christ, reconstruit et
définitivement détruit en 135 par l'empereur Hadrien).
Ils se font alors assister par sept autres chevaliers
français : André de Montbard (neveu de Saint-Bernard),
Gondemare, Godefroy, Roral, Payen de Montdésir, Geoffroy
Bisol et Archambaud de Saint-Agnan. L'ordre du Temple
prend forme en 1119 par ces neuf chevaliers désirant
protéger les chrétiens en pélerinage à Jérusalem.
C'est au concile de Troyes (14 Janvier 1128), à la
demande de Saint-Bernard (Bernard de Clairvaux) que
l'Ordre est véritablement créé. L'Éloge de la
Nouvelle Milice est un témoignage capital de
l'importance de Saint-Bernard dans la création de
l'Ordre du Temple. Il aurait lui-même écrit la Règle qui régit le fonctionnement complet de l'Ordre.
C'est seulement en 1141 que le pape octroya la croix
pattée rouge aux Templiers. Auparavant, les chevaliers
étaient seulement vêtus d'un manteau blanc et les
sergents d'un manteau brun. Cette croix était cousue sur
l'épaule gauche de leur vêtement. De nombreux dessins
ou illustrations sont trompeurs à ce sujet ... De plus,
chaque époque a adapté leur apparence à son style : le
XVIIème siècle, par exemple présentera le
grand maître avec un chapeau, portant une plume
d'ornement, ce qui semble plutôt anachronique au temps
des croisades !
Pendant près de deux siècles, les Templiers vont
accroître leur aura pour revenir en 1291, après le
chute de Saint-Jean d'Acre en Occident. Leur mission de
protection des pélerins avait bien évolué et de
nombreuses dérives eurent lieu. La prise d'Ascalon
(Août 1153) est un exemple de l'ambition de certains
grands maîtres à l'égard du pouvoir temporel. Le grand
maitre en fonction, Bernard de Trémelay, avait en effet
cherché à bloquer l'entrée aux autres Francs dès
l'ouverture d'une brèche dans les murs de la ville pour
laisser le champ libre aux chevaliers du Temple ... Leur
lutte continue avec les Chevaliers Teutoniques provoqua
souvent des tensions dans les camps des croisés et ne
facilita pas la cohésion des Francs en Terre Sainte.
Leur retour ne pouvait pas plaire à tout le monde,
d'autant plus que l'Ordre du Temple ne faisait que
s'enrichir au fil du temps : donnations, achats,
intérêts des prêts accordés, ... tout semblait donner
à l'Ordre une puissance lui permettant de bouleverser
l'organisation féodale ...
Philippe le Bel, envieux vis à vis des Templiers, du
fait de leurs richesses et de leur puissance a cherché
par plusieurs moyens à les utiliser à ses fins.
Cherchant au départ à en devenir le grand maître tout
en restant roi de France, il joua un jeu de trahison qui
fini par l'arrestation, le Vendredi 13 Octobre 1307 au
matin, de tous les Templiers du royaume. Les Templiers
étaient devenus trop puissants et ils menaçaient de
dépasser les rois en fonction. Banquiers (Henri III
d'Angleterre, Saint-Louis, Philippe Auguste, ... y firent
appel) , milices protectrices, ils avaient pourtant bien
aidé Philippe le Bel en le protégeant par exemple des
émeutes à Paris qui faillirent lui coûter la vie !
Un procès inique suivra cette arrestation bien
orchestrée. Pendant sept années, les Templiers en
liberté chercheront à se justifier auprès du pape, le
seul à qui ils devaient théoriquement des comptes.
Menacé par Philippe le Bel et ses sbires, ce dernier ne
les écoutera souvent même pas ! Le 22 Mars 1312, le
pape Clément V abolit l'Ordre du Temple.
Le 18 Mars 1314, Jacques
de Molay et Geoffroy de Charnay furent livrés aux
flammes d'un bûcher dressé dans l'île de la cité de
Paris. Jacques de Molay, dernier grand maître du Temple
(et vingt-troisième) lança alors l'anathème «Clément,
juge inique et cruel bourreau, je t'ajourne à
comparaître, dans quarante jours, devant le tribunal de
Dieu ! Et toi aussi, roi Philippe !». De fait,
Clément V et Philippe le Bel moururent respectivement le
20 Avril et le 29 Novembre de la même année ...
Suivant Philippe le Bel, les rois de France furent
baptisés les Rois Maudits, ... et il est vrai que la
lignée de ce dernier s'est éteinte à son 22ème successeur Louis XVI : ironie de l'histoire ou symbolisme
? il sera enfermé à Paris, dans la Tour Carrée aux
tourelles rondes qui servi de maison-mère au Temple.
En 1318 se réunirent plus de 3 000 chevaliers du Temple
(malgré son abolition par le pape) à Spoleto (Ombrie,
en Italie). Deux factions se dessinèrent : ceux qui
voulaient venger le Temple et ceux qui voulaient
perpétuer les secrets de la chevalerie. Ce fut la
deuxième qui décida de l'avenir ...
Nombreux sont les mouvements sérieux ou non qui se sont
attribué l'héritage des Templiers et ce thème est
figure parmi ceux qui ont suscité le plus thèses et
antithèses : le trésor des Templiers, l'ésotérisme
des Templiers, la puissance des Templiers, ... tous les
ingrédients semblent rassemblés pour déchaîner les
passions et les extrapolations parfois osées ! |